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mardi 7 avril 2009

Qu'en est il de la zone contaminée autour de Tchernobyl, 23 ans après l'accident.

 
Ce mois d'avril est le mois d'un anniversaire assez tragique, celui de l'accident nucléaire le plus important dans l'histoire de l'ère atomique, celui de l'explosion du réacteur N°4 de la centrale de Tchernobyl, un 26 avril 1986. Nous connaissons tous Tchernobyl pour la catastrophe qui est désormais liée à ce nom pour certainement des siècles encore, mais presque 23 ans plus tard, qu'en est-il de cette zone mystérieuse, zone interdite d'une trentaine de kilomètres fermée et gardée militairement, peut-être la zone la plus irradiée au monde?


Le 26 avril 1986, 1h23 heure locale, le réacteur N°4 de la centrale nucléaire Lénine à 15 Km de Tchernobyl, en Ukraine, explose. L'accident est la conséquence de dysfonctionnements nombreux et importants : un réacteur mal conçu, naturellement instable dans certaines situations et sans enceinte de confinement ; un réacteur mal exploité, sur lequel des essais hasardeux ont été conduits ; un contrôle de la sûreté par les pouvoirs publics inexistant ; une gestion inadaptée des conséquences de l'accident.
"Les rejets, entretenus par la combustion du graphite, durèrent 10 jours, jusqu'au comblement du "trou" du réacteur par des matériaux (sable, bore, plomb) largués par des hélicoptères. Plus de 1,8 milliard de becquerels de produits de fission furent propagés par le vent qui soufflait du sud au nord. Le panache radioactif toucha sévèrement le nord de l'Ukraine, le sud de la Biélorussie et de la Russie. Dans la semaine qui suivit l'accident, 135 000 personnes furent évacuées. Dans les premiers mois suivant l'accident, les interventions consistèrent essentiellement à regrouper dans le réacteur et autour de lui les débris radioactifs les plus importants. Ce combustible fut alors confiné dans un "sarcophage" de béton et d'acier de 50 mètres de haut, achevé en novembre 1986. En 1991, le réacteur no 2 fut arrêté à la suite d'un incendie. Les réacteurs 1 et 3 n'ont jamais cessé de fonctionner.


Le "sarcophage" construit à la hâte dans des conditions extrêmement difficiles, présente de nombreux défauts: le toit fait de tôles n'est pas étanche et repose, par l'intermédiaire d'une longue poutre métallique, sur des appuis appartenant au bâtiment d'origine, qui ne sont pas stables. Le mur séparant le sarcophage du bâtiment intermédiaire qui le relie à l'unité 3 toujours en fonction est également instable, comme le sont d'autres éléments de la structure interne du bâtiment.
Le combustible resté dans le réacteur pendant l'explosion a coulé dans le fond du bâtiment sous forme de lave, et se transforme actuellement en poudre. Par les fuites du toit et la condensation, des milliers de mètres cubes d'eau traversent le magma radioactif. Il n'est pas certain que la dalle inférieure en béton du réacteur soit étanche. La nappe phréatique se situe à un mètre en dessous de cette dalle.
Les experts estiment que 5% seulement des éléments radioactifs présents dans le coeur du réacteur au moment de l'explosion ont été projetés au loin. Il est très difficile d'estimer la quantité de combustible qui est resté dans le coeur, et, selon les mesures, les écarts sont considérables. Les valeurs probables sont comprises entre 120 et 140 tonnes sur les 190 tonnes d'origine. Les 50 tonnes manquantes furent projetées autour de la centrale et une grande partie fut enfouie au bulldozer autour du "sarcophage" et dans les 800 fosses de stockage.
La grande quantité d'eau qui fut déversée sur le réacteur après l'accident a été pompée et déversée dans le bassin artificiel utilisé pour le refroidissement des réacteurs de Tchernobyl. La radioactivité s'est concentrée dans les sédiments au fond du bassin et s'écoule au rythme de plusieurs centimètres par an vers la rivière." (Eric Voice)
C'est le réacteur N°4 qui explose ce 26 avril 1986, mais la centrale Lénine dispose encore de trois autres réacteurs en état de marche après nettoyage. Le dernier des trois réacteurs à être remis en fonction est redémarré fin 1987.
Le réacteur 2 subit un accident nucléaire en octobre 1991, à la suite duquel il n'est pas redémarré en raison du coût élevé des réparations. Le réacteur 1 est définitivement arrêté en novembre 1996. Le réacteur n°3, qui est le dernier réacteur encore en service à la centrale, est arrêté définitivement en décembre 2000.
"Jusqu’il y a quelques années, les réacteurs 1 et 2 ainsi que le réacteur 3, resté intact dans le même bâtiment que le réacteur 4 qui a explosé, ont continué à fonctionner. 5700 ouvriers y travaillaient encore dans la phase finale. Bien qu’ils soient arrêtés, les réacteurs sont encore là-bas. On n’en a pas retiré les combustibles nucléaires. A l’intérieur de cette zone strictement contrôlée, des gens travaillent dans la petite ville de Tchernobyl, dont tous les habitants ont été évacués. Les travailleurs vivent ici sans leurs familles, car pour les enfants et les jeunes, la radioactivité est toujours trop élevée. Elle est d’ailleurs également trop élevée pour les ouvriers qui travaillent dans la centrale nucléaire. Ils s’occupent de l’entretien des réacteurs hors service, ils transportent – sans protection – les déchets radioactifs dans des camions, ils essaient, dans des entrepôts, de décontaminer la ferraille." (Horizons et débats, numéro 35, février 2006)
Cependant, pour certains scientifiques, la zone hyper radioactive aux alentours de la centrale est devenu un lieu d'études extraordinaire.
"Après l'explosion, les niveaux de radioactivité étaient si élevés dans cette zone que toute la population en fut évacuée. Je me trouve au cur même de la zone dont les media de la planète entière - radios, journaux, télévisions - disent depuis des années, je cite ici un journal londonien de 1994, que "pas un être humain n'y survit, pas un oiseau n'y chante" et que "ses forêts sont rabougries et les animaux y naissent avec d'horribles mutilations".J'arrive à la "Forêt Rouge", à deux ou trois kilomètres du réacteur détruit, site qui a absorbé, au moment de l'accident, la plus grande densité de particules radioactives.[...]Je repère sur le sol sablonneux de nombreuses empreintes. Des lièvres notamment, lesquels s'enfuient à travers les broussailles à mon approche. D'élans aussi, beaucoup plus grandes, sabots fendus. Plus loin, les traces confuses d'une famille de sangliers. Depuis que les hommes l'ont abandonnée, la "zone d'exclusion" est devenue une réserve de vie sauvage. Un rapport, publié chaque année par le Centre International de Recherche à Tchernobyl, montre que certaines populations animales y sont aujourd'hui dix fois plus nombreuses qu'en 1986. Il estime que vivent actuellement, dans la zone des trente kilomètres, 3000 renards, 600 élans, 450 chevreuils, 40 loups et quelque 3000 sangliers. Avant l'accident, les sangliers, sur-chassés pour leur chair délicate, avaient pratiquement disparu de la région." (Eric Voice)


Bien que Prypiat soit aujourd'hui une ville fantôme, certaines personnes ont refusé l'évacuation après l'accident et sont restées dans la zone d'exclusion, ils sont environ 700 à vivre là, en dépit des radiations élevées. Selon certains scientifiques, les radiations sont élevées mais sans que l'on puisse vraiment l'expliquer tout va bien. Ce n'est pas l'avis de tout le monde.
"Avant de nous rendre dans la zone contrôlée, nous avons visité un petit centre de soins médicaux pour les liquidateurs, les évacués et leurs familles qui se trouve dans un faubourg marqué de l’empreinte des liquidateurs qui y vivent, pauvre comme tout ce qui ne constitue pas le centre de Kiev. Ici, des enfants et des adultes peuvent se faire examiner: glande thyroïde, cancer, taux d’irradiation interne, etc. Les chiffres officiels parlent de 105’000 invalides parmi les liquidateurs, des hommes d’âge moyen inaptes au travail. L’Ukraine a déclaré, il y a dix ans, que 3 millions de personnes avaient été victimes de l’accident. Dans beaucoup de villages, on produit des aliments au taux de radioactivité inadmissible. La contamination radioactive dépasse la zone des 30 kilomètres.
Les rivières Pripyat et Dniepr alimentent le lac de Kiev, au nord de la ville. Elles traversent toutes les deux la zone. La centrale nucléaire est située au milieu de magnifiques prairies baignées par ces deux rivières. On comprend qu’à Kiev on ait peur d’une décrue possible du Dniepr ou d’une montée en tourbillons des sédiments de la rivière. Ces derniers recèlent des radionucléides, surtout du strontium, mais l’eau de surface n’est pas contaminée. Les carpes, poissons herbivores qui se nourrissent de sédiments sont contaminées. En cas de crue, le sable et la terre irradiés de la zone arriveraient dans les réservoirs d’eau de Kiev." (Horizons et débats, numéro 35, février 2006)
"600.000 personnes sont décédées des suites de l'explosion du réacteur numéro 4. Des dizaines de milliers d'autres sont atteintes de cancers ou de handicaps plus ou moins graves dans la désinformation la plus totale. Les photos sont dans l'album adéquat à droite de cet article. Vous trouverez ci-dessous mon (très) modeste film de la zone, mais il faut absolument que vous en voyiez d'autres beaucoup plus instructifs et intéressants, comme celui-ci ou celui-là (il y a 5 épisodes, il faut les chercher un par un) ou mieux encore, visionnez tout ce que Google Video ou Youtube vous montreront avec le mot clef Tchernobyl. Vous comprendrez à quel point notre vie n'a pendu qu'a un fil pendant quelques jours, et à quel point on la doit au sacrifice (forcé) des liquidateurs." ( Anne Rousseau le 8/2/2009) 

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