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mardi 17 février 2009

Alors, double ou triple vitrage?



Alors que le recours au double vitrage devient de plus en plus répandu dans l'habitat individuel pour assurer un confort et une tranquillité supérieurs au simple vitrage, le triple vitrage commence également à retenir l'attention. Les espaces vitrés offrent ainsi de nombreuses possibilités de choix mais soulèvent également beaucoup de questions chez les consommateurs notamment en termes d'efficacité et d'usage. Donc le triple vitrage au lieu du double pour faire des économies d'énergie, est ce vraiment au point et surtout utile?


Posez la question et vous entendrez tous les sons de cloches. A l'origine de ces divergences, l'apport solaire : le triple vitrage empêche la fuite des calories de l'intérieur vers l'extérieur, mais dans le même temps il récupère moins de rayonnement solaire.
Utilisé dans les constructions passives des pays nordiques, que peut-on attendre des performances énegétiques du triple vitrage en France ? Pour les constructions respectant l'actuelle réglementation thermique (la RT 2005), c'est une hérésie. Car l'apport du triple vitrage sera infime, voire même négatif. "On ne met pas en place du triple vitrage sur des bâtiments qui ne sont pas au "top" du point de vue énergétique", insiste Armand Dutreix, énergéticien et fondateur du bureau d'étude A3E EnR.

Simuler pour évaluer les performances énergétiques
Pour le savoir trois simulations ont été réalisées par Armand Dutreix :

- l'une théorique sur un vitrage de 1m², sans ombrage portés et dont les vitres sont parfaitement propres ;

- la deuxième en situation classique en prenant en compte les masques solaires créés par l'encastrement des fenêtres et de la poussière sur les vitres ;

- et la troisième en situation fortement masquée, par exemple un bâtiment situé en ville.



"Chacune de ces simulations ont été faites pour différents lieux géographiques et pour différentes orientations des baies vitrées. Quatre grandes villes représentatives des différents climats, situées aux quatre points cardinaux de la Métropole, ont été retenues : Marseille, Lille, Brest, Strasbourg. En y ajoutant la station de Tignes située à 2100 mètres d’altitude dans les Alpes. Les simulations effectuées n'ont pas pour objectif d'apporter une réponse définitive sur l'intérêt ou non du triple vitrage. Il s'agit aussi de mettre en évidence que chaque bâtiment doit être considéré en fonction de sa zone climatique d'implantation, ses performances et des apports solaires. Les principales conclusions En région méditerranéenne, le triple vitrage ne présente aucun intérêt énergétique, et peut même s’avérer désastreux pour les fenêtres au sud. Même dans une situation extrême, ou le vitrage ne reçoit que très peu de soleil, le triple vitrage présente très peu d’intérêt à Marseille, sauf peut-être plein nord. Armand Dutreix insiste : " Une fenêtre plein nord masquée à 50%, il vaut mieux la murer." Quel que soit le lieu géographique, pour la majorité des constructions, seule une orientation au nord peut justifier un triple vitrage. Mais le gain apporté par les volets la nuit suffit souvent à compenser les pertes par les masques et la saleté. "La recherche sur la qualité thermique des volets serait beaucoup plus efficace que celle sur les triples vitrages", estime l'énergéticien qui va plus loin : "Même en BBC, il y aura peut-être, pour le même prix, mieux à faire pour obtenir des gains énergétiques." Alors le triple vitrage ça ne sert à rien ? C’est quand on commence à parler de construction passive que l'on peut évoquer un éventuel triple vitrage. Pour autant, les apports solaires ne sont pas à négliger. Quel intérêt y a t-il à construire passif si on perd 50 % des apports solaires des fenêtres ? Le triple vitrage montre un certain intérêt pour les façades nord ou celles recevant peu de lumière, pour peu que le reste de la construction soit à l’avenant en terme de qualité. Dans un cas extrême, comme dans la station de Tignes, à 2100 mètres d’altitude, un triple vitrage sur une baie vitrée de 10 m² orientée plein nord dans un logement de 50 m² ne fera gagner que 7 kWh/m² habitable et par an par rapport à du double vitrage. "Il y a surement mieux à faire avant de remplacer les menuiseries, quand on connait la consommation moyenne des logements de cette station (entre 300 et 600 kWh/m²)", estime le spécialiste. "Compte tenu du surcoût important d’un triple vitrage, mieux vaut investir dans d’autres actions qui auront facilement un meilleur impact sur la consommation globale de la construction. Par exemple, équiper les immeubles de bureaux de volets automatiques est beaucoup plus performant que de leur coller des triples vitrages, d’autant qu’ils peuvent aussi servir pour réduire les besoins de climatisation en été. Supprimer les fenêtres au nord et les augmenter au sud l’est également. Baisser de 1°C la température de chauffage et mettre un pull réduit les besoins globaux en chauffage de 7 %. Pourquoi aller chercher un gain aléatoire, minime s’il existe, avec des triples vitrages, alors qu’il y a tant à faire de manière efficace ailleurs ?" Rappelons que le triple vitrage, requiert une parfaite mise en oeuvre sachant que les performances énergétiques dépendent aussi de la qualité de la menuiserie. En outre, l'énergie grise nécessaire à sa fabrication est plus importante que pour un double vitrage. Autant d'éléments non négligeables qui ici n'ont pas été pris en compte."

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